300 euros pour tous, baisse des cadences, embauches, salaires...
lundi 26 mars 2007
Voir en ligne : Fin de grève à PSA : quelques impressions
Depuis fin février 2007, environ 500 ouvriers de la chaîne de montage sur 3400 de l’usine Citroën d’Aulnay (93) sont en grève. C’est la grève des salariés de Magnetto, une entreprise d’emboutissage sous-traitante, qui a déclenché cette grève, une des plus longues depuis des années chez le constructeur automobile. Après quelques jours de grève, les employés de Magnetto ont obtenu 130 euros d’augmentation, alors que PSA Citroën propose en moyenne 20 euros de plus !
Ils revendiquent :
300 euros pour tous, tout de suite
pas de salaire en dessous de 1525 euros
baisse des cadences
embauche des intérimaires
Les grévistes ont rendu visite à leurs camarades des usines de Saint Ouen (93) et Poissy (78). Des débrayages de solidarité ont eu lieu dans plusieurs usines du groupe PSA : Sochaux, Poissy, Mulhouse, Saint Ouen. A Rennes, une centaine d’ouvriers a défilé dans l’usine le 14 mars, en reprenant certaines revendications de leurs camarades d’Aulnay.
La Préfecture de Seine Saint Denis a été interpellée, et un rassemblement a eu lieu le 13 mars devant le siège parisien du groupe.
La direction a évidemment fait appel à des intérimaires pour enrayer la baisse de production. Avec un ouvrier sur 7 en grève à Aulnay, la production a chuté d’environ la moitié ! Les syndicats ont donc assigné la direction au tribunal pour entrave au droit de grève. Le 26 mars, PSA a été condamnée pour avoir embauché 50 intérimaires en remplacement de grévistes. Un inspecteur du travail doit aller constater les infractions, car PSA risque 5000 euros d’amendes par infraction.
Envoyez vos messages de solidarité par fax (et un peu de fric si vous pouvez) :
CGT : 01.56.50.31.41
SUD : 01.56.50.31.71
Un texte du comité de grève, distribué lors de cette manif qui a rassemblé entre 1000 et 2000 personnes, malgré la pluie.
Montrez votre solidarité avec la grève des ouvriers de Peugeot Citroën Aulnay
La grève des salariés de Peugeot-Citroën Aulnay entre dans sa troisième semaine. La mobilisation et la détermination sont toujours au rendez-vous. L’usine tourne au ralenti. La grève bénéficie de la sympathie de la majorité des salariés de l’usine et nous avons reçu des soutiens de nombreuses entreprises.
Nous nous battons pour :
- 300 euros net d’augmentation par mois pour tous avec un salaire d’embauche minimum de 1525 euros net
- Le départ en préretraite à 55 ans
- L’embauche des intérimaires en CDI
Notre grève brandit le drapeau de l’augmentation des salaires, des 300 euros. Elle s’attaque aux problèmes dont nous sommes persuadés qu’ils sont ceux de la majorité des salariés. C’est pourquoi nous nous adressons à vous aujourd’hui.
La direction de PSA trouve nos revendications « démesurées » et dit qu’elle n’a pas d’argent pour augmenter les salaires. Pourtant de l’argent, PSA en a plein. PS a fait 9 milliards d’euros de profits en 7 ans. Mais au lieu de verser des salaires décents aux ouvriers, elle préfère distribuer des centaines de milliers d’euros de dividendes par an aux actionnaires. En quelques années, PSA a même trouvé 2,5 milliards pour racheter ses propres actions. Dans quel but ? Les détruire pour augmenter le cours des actions restantes, dans l’intérêt des actionnaires majoritaires !
La direction a tout fait pour casser notre grève. Elle a commencé par faire des pressions sur ceux qui ne faisaient pas grève pour remplacer les grévistes. Mais les ouvriers ont refusé de casser la grève et PSA a dû trouver autre chose. Elle a embauché en toute illégalité des dizaines d’intérimaires et tente de faire venir des salariés d’autres usines. La CGT, la CGT Manpower, SUD, la CFDT et l’UNSA ont assigné la direction devant le Tribunal de Bobigny. Le tribunal rendra sa décision le 26 mars.
La direction essaye aussi de prendre les grévistes à la gorge en n’accordant aucun acompte. En clair, nous sommes des centaines à risquer d’avoir 0 euros sur notre fiche de paye fin mars. Mais cela ne nous décourage pas.
PS : Nous venons d’apprendre que PSA/Toyota à l’usine de Kolin (République Tchèque) vient d’augmenter les salaires de 7,5% (pour porter les salaires à 818 euros) plus 110 euros minimum d’avantages sociaux.
Aulnay, le 20 mars 2007
Le Comité de Grève soutenu par les organisations syndicales CGT, SUD, CFDT, CFTC, UNSA
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