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Grèves d’ouvrières sri-lankaises à l’île Maurice

mardi 20 février 2007


Près d’un millier d’ouvrières sri lankaises travaillaient début 2007 pour la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT). Sur l’île Maurice, paradis pour vacances de luxe dans l’océan indien, 20 000 immigrés de Chine, d’Inde, du Bangladesh, du Sri-Lanka et de Madagascar travaillent dans le secteur textile.

Le contrat de ces ouvrières prévoyait 280 heures de travail par mois, pour un salaire de 200 dollars, mais on leur demandait plutôt 315h mensuelles. D’où des horaires de folie : de 7 h 30 à 23 heures du lundi au vendredi, de 7 h 30 à 15 heures les samedis et de 7 h 30 à 21 heures les dimanches (un dimanche par mois de repos), le tout 52 semaines par an ! Les ouvrières étaient hébergées dans des dortoirs de 40 lits, voire plus, mal aérés et mal équipés en douches.

Le 5 février, les ouvrières sri lankaises demandent à la direction de la CMT le remboursement des congés maladie, notamment pour toutes celles qui ont eu la rougeole pendant 25 jours. Elles demandent également de ne travailler que 48 semaines au lieu de 52. La direction refuse. La grève commence.

Les rapatriements n’empêcheront pas la grève

Aussi tôt, 70 ouvrières sont rapatriées. En solidarité, d’autres ouvrières se mettent en grève. A nouveau, 114 ouvrières, accusées d’être " fauteuses de troubles " sont renvoyées au Sri Lanka. Certaines des rapatriées refusent de quitter l’aéroport tant que les 5 mois de salaires qui leur sont dus ne seront pas payés. Tout cela n’empêchera pas 438 ouvrières de faire grève pendant 10 jours. Elles en viennent à exiger un billet d’avion pour leur pays, où les salaires sont moindres mais les conditions de travail plus supportables. Certaines préfèrent même passer plusieurs nuits dehors que dans les dortoirs.

Mais c’était sans compter avec l’intervention du responsable du Sri Lanka Bureau of Foreign Employment (Bureau de l’emploi à l’étranger du Sri Lanka), qui vient sur place.

Fortes pressions

Sous la pression de la délégation sri lankaise, notamment la menace de ne plus pouvoir travailler à l’étranger, les ouvrières reprennent le travail au bout de 10 jours de grève. Elles ont obtenu de légères améliorations : plus d’obligation de travailler le dimanche, 200 dollars de salaire pour 70h de travail par semaine (alors que la législation mauricienne prévoit comme durée légale du travail 35h… mais puisque les ouvrières ont ‘’accepté’’ de signer le contrat avec la CMT, il n’y a pas de recours légal), le changement des chefs de section, les anciens ne s’étant apparemment pas montrés très aimables.

La pression du Sri Lanka Bureau of Foreign Employment (SLBFE) reste bien présente, en plus des patrons locaux. Le SLBFE a signé avec la Compagnie mauricienne de textile un accord sur la responsabilité des ouvrières. Celles qui refuseront de se plier au contrat seront rapatriées et ne pourront plus travailler à l’étranger. Le président du SLBFE s’est très clairement positionné du côté des employeurs : lors de sa visite des usines et dortoirs (où le nombre de lits par chambre a été ramené à 20ou 25 à l’occasion de sa venue), il a déclaré : " à quoi s’attendent-elles ? une chambre du Sheraton Hotel ? "

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