dimanche 11 février 2007
Etre mal-logé ne veut pas dire uniquement être sans logement, ni même vivre dans un taudis… Si on croit les chiffres qui font références sur le mal-logement, on compte aujourd’hui plus de 8 millions de personnes ayant des problèmes de logement, un nombre nettement supérieur à celui de l’année passée. Peut-être notamment parce qu’ont été pris en compte tous ceux qui vivent dans des logements trop petits par rapport au nombre d’occupants (surpopulation qui concerne plus de 4,5 millions de personnes), ou qui ont des dettes de loyers (plus de 720 000 ont des impayés de loyers supérieurs à 2 mois, et 160 000 personnes sont occupantes sans droit ni titre, qu’il s’agisse de squatteurs ou de locataires ayant reçus un jugement d’expulsion). Suroccupation et dettes de loyers se rencontrent aussi bien dans le parc privé que dans le logement social ou les foyers.
Les luttes de locataires sont parfois timides, elles se limitent souvent aux locataires d’un même bailleur, voire d’une même résidence, les préoccupations sécuritaires ne sont pas toujours absentes (ainsi certains se plaignent que des jeunes « squattent » des caves, au lieu de se demander pourquoi ils n’ont pas d’autres lieux, d’habitation ou de réunion, que des caves…), et surtout, le lien est rarement fait avec les nombreux demandeurs de logement, qui sont pourtant confrontés à la même politique.
Ecquevilly : depuis septembre 2005, la ville compte 57 logements en moins, avec la destruction de 3 bâtiments de la Résidence du Parc. Mais ce n’est que le début ! Inquiets, les locataires de Domaxis ( ?) organisent le samedi 27 janvier 2007 un rassemblement devant la mairie. Le maire sort pour discuter : même si tout le monde reste une heure dehors, cela a permis à tous les manifestants de prendre la parole s’il le souhaitaient, et d’écouter les réponses du maire. Les locataires interpellent le maire sur les incertitudes de la rénovation urbaine (202 démolitions, 149 reconstructions), sur l’absence de local pour les réunions de locataires, sur le fait que des relogements sont proposés par le bailleur dans d’autres villes, qu’en attendant, des rappels de charges excessifs sont demandés…
Poissy : en mai 2006, le propriétaire du quartier Beauregard, Icade (ex SCIC Habitat, filiale de la caisse des dépôts et consignations, et société qui à ce moment vient de faire une brillante entrée en Bourse), annonce le déconventionnement des 835 logements (sur environ 1900) qui ont gardé le statut HLM. Cela signifie que les loyers ne sont plus plafonnés et vont s’aligner sur ceux du privé, soit une hausse (progressive) de 50% ! Ces logements, destinés dans les années 1950 aux ouvriers de Peugeot, sont petits et de mauvaise qualité, contrairement à ceux de la Coudraie, prévus pour loger les cadres, mais qui eux seront démolis. Un protocole d’accord entre Icade et les quatre principales organisations de locataires (dont la CNL), ont signé un protocole d’accord. Cela n’empêche pas les habitants de lancer une pétition qui recueille rapidement plus de 500 signatures. Mais une pétition, est-ce bien suffisant ? Comme le dit un habitant, « il n’y aura pas de miracle venu d’ailleurs. Il faut que les locataires se mobilisent par eux-mêmes »
Les Mureaux : pour changer, des démolitions ! Plus de 1070 destructions, pour 654 reconstructions sur la ville (dont 488 HLM). Les habitants de la cité Renault ont appris en avril 2006 que ce n’était pas 80 logements qui seraient démolis, mais 140 (pour 86 reconstructions), dont le bâtiment B, qui était en travaux à l’époque.
Les résidents du foyer AFTAM2, avenue Paul Raoul, sont en lutte depuis des mois, ou même des années. Manque d’entretien, augmentation de loyers (+43% en 4 ans, 221 euros en 2002, 316 euros en 2006 pour une chambre de 12m²), absence de salles collectives… En 2005, ils se sont mis en grève de loyer pendant 10 mois, et ont assigné l’AFTAM au tribunal.
Vélizy : les locataires des diverses résidences de la SEMIV, société d’économie mixte immobilière de Vélizy, s’interrogent sur l’augmentation des provisions sur charge pour 2006 (entre 48 et 18 % d’augmentation selon les résidences), et malgré leurs demandes, ne parviennent pas à obtenir les justificatifs de la part du bailleur social. On compte plus de 300 dossiers contentieux pour ce seul bailleur, soit un locataire sur dix qui a des dettes !. Une augmentation de 40% par rapport à 2003. Des locataires envisagent d’aller au tribunal…
Trappes : la SAREPA est l’objet d’une grogne de plus en plus forte de la part des locataires, même si celle-ci ne se traduit pas encore par une véritable mobilisation. Outre une manif plutôt improvisée d’une centaine de locataires mécontents, il y a quelques mois, on peut signaler le refus de la majorité des habitants du square Gérard Philippe de payer 15 euros pour les parkings, dans le cadre de la résidentialisation, la pétition du square Thorez contre cette même résidentialisation… Sans compter les augmentations, le manque d’entretien ou de rénovation, les procédures d’expulsion pour quelques centaines d’euros d’impayés…
Mais les autres bailleurs de la ville ne sont pas à l’abri : au square Renoir, appartenant à La Sablière, ce sont les relogements d’une petite dizaine de locataires d’un immeuble promis à la démolition qui ne conviennent pas. Quand on trouve son appartement correct, un logement plus petit et plus cher (de l’ordre de 70 euros par mois, voire beaucoup plus), ça ne donne pas envie !
Les Mureaux : au mois de mai 2001, des locataires de la Vigne Blanche, dont l’immeuble doit être démoli, refusent des propositions de relogement qui ne leur conviennent pas et organisent des campements devant leurs anciens appartements.
Poissy : un collectif se monte parmi les habitants de la cité de la Coudraie, quand ils apprennent dans le journal la destruction totale de leur cité. Le conseil municipal, des réunions de concertation sur la démolition sont perturbés, des banderoles sont accrochées sur les immeubles, et des manifestations organisées à travers la ville.
Mantes-la-Jolie : le 19 juin 2001, une quarantaine de locataires du Val Fourré séquestrent pendant plusieurs heures le directeur de l’office HLM, et obtiennent satisfaction concernant l’entretien de l’immeuble et des ascenseurs, ainsi que l’arrêt des coupures d’eau chaude, particulièrement fréquentes le week-end.