lundi 15 décembre 2008, par apatride
Ce matin, je n’avais pas envie d’aller au boulot, voilà quelques jours que ça me trottait dans la tête. Pas envie de bosser pour que le patron, les actionnaires, les directeurs et autres managers se fassent encore plus de fric. Aujourd’hui ils ne se feront pas de « plus value » sur mon dos.
Et puis, mise à part l’aspect Argent, le travail me fait perdre mon temps. Rien de mieux et de plus efficace n’a été inventé et organisé pour nous « domestiquer ».
Imaginez : je prends le RER et le métro ! Je dois payer assez cher pour être entassé avec un bon paquet de mes compagnons de labeur, je ne les connais pas, ce ne sont jamais les mêmes, les transports sont organisés pour casser le lien social, l’empêcher de se faire. Avez vous fait connaissance souvent avec des gens qui sont transportés avec vous ?? non ! Donc pas de dialogue, c’est pas possible. Début du conditionnement !
Pour entrer dans la gare, la station, vous avez déjà été formaté (passage du ticket et enregistrement de votre nom si vous avez la carte Navigo nominative) et filmé.
Après quelques péripéties et surement un ou deux changements de rame, vous voilà arrivé à votre boulot. Déjà 1h en moyenne passée dans les transports pour vous rendre au travail. Ce sera autant pour le retour : soit en moyenne 400 heures par an, en gros 50 journées de 8h. Rien que ça !!
Bon, je badge, on m’enregistre encore. Je gagne mon bureau en me forçant à serrer quelques mains, lancer quelques bonjours à quelques collègues dont une bonne partie, sous de faux airs de cordialité, n’hésiteront pas à prendre ma place si on veut me licencier, me muter et qui, de toute façon ne bougeront pas le petit doigt pour me « sauver » si j’en ai besoin. Les « low performers, les soit disant « non rentables » doivent disparaître : c’est la règle qui hante touts les têtes actuellement.
Journée à bosser, réaliser toutes les « taches » qui sont définies dans le descriptif de mon poste, sous l’œil du responsable, du manager, tout autant exploité mais qui semble croire que son statut, son salaire supérieur donneront du sens à sa vie. Peut être finira-t-il sous Prozac ou en dépression lorsqu’on lui dira qu’il ne sert plus à rien ou que sa conscience viendra heurter les directives.
J’ai parlé plus haut de « descriptif de poste » ; vous en avez déjà vu un ?? un de ceux dont ils se servent notamment lors de votre entretien annuel. Ce fameux entretien où ils se chargent d’évaluer votre boulot, où ils vous disent si vous avez atteint vos objectifs (« Nos objectifs », ça me fait bien marrer, ce ne sont pas les miens mais les leurs et ils s’ingénient à nous faire croire que ce sont nous qui les fixons).
Ah, j’oubliais le descriptif des taches qu’ils vous présentent comme l’organisation rationnelle de votre travail, organisation élaborée à grands renforts d’experts, de Cadres, de spécialistes. Savez vous que si nous, les travailleurs (hommes et femmes) nous nous en tenions à ces descriptifs leur système ne fonctionnerait pas. Chacun d’entre nous apporte ses savoirs, corrige et adapte à la réalité ce qu’on nous demande de faire et bien entendu, de cela ils n’en parlent pas. Commencez à faire que ce qui est demandé et vous verrez le bordel... !
Ils ont besoin de nous mais nous on n’a pas besoin d’eux.
Aujourd’hui je n’ai pas gaspillé mon temps à « fabriquer » quelque chose qui ne sert à rien, je ne suis pas rentré dans le moule, dans les horaires, les ordres et consignes.
Bon, je vais aller me balader, cherchez mon gamin et lui parler, lui donner son 4 heures. J’aurais repris un peu de ma liberté, car c’est de cela qu’il s’agit, non pas que de salaire mais aussi de liberté.
Apatride.