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Quand tout va mal...rassemblement à Sartrouville.

lundi 21 avril 2008, par olive

Suite au débrayage de certains collèges et lycées de Sartrouville hier, un appel à un rassemblement devant la mairie était appelé par les associations de parents d’élèves, afin de transmettre au Maire (UMP ...) une motion de soutien contre les réductions de poste dans l’éducation, en espérant qu’il la signerait.

A 20 heures, nous sommes donc quelques 200 devant la mairie. Impression mitigée : pas grand monde, mais pas rien non plus ...... Surtout des profs, avec quelques familles des quartiers populaires du Plateau.

Bien sur, on n’est pas encore dans une assemblée populaire : l’objectif des gens présents était de soutenir la traditionnelle délégation des représentants des profs et des familles, qui devait rencontrer le maire et le conseil municipal, pour présenter leur doléance.

Bien sur le ballet, classique, est bien réglé : tout le monde est massé devant les grilles fermées de la mairie, les flics municipaux en retrait sous un marronnier, un lieutenant de police débonnaire et décontracté est au milieu des manifestants rassemblés ; les représentants de l’opposition municipale annoncent qu’ils ne participeront au conseil que si la délégation est reçue, applaudissement nourris de la petite foule ; entrée filtrée des représentants au cri de "tous ensembles, tous ensembles" (nous faisons remarquer qui si il s’agissait vraiment de "tous ensembles" il faudrait que tous les manifestants rentrent et pas seulement quelques uns ... un groupe de femme fait écho : "ça ne sert à rien, le maire va les endormir..." ! ) ; puis l’attente que la délégation ressorte, une attente par petits groupes de 4-5 qui papotent de tout et rien, du mouvement, des momes, du chien, du gouvernement, de la lutte etc ...

Bien sur les revendications sont centrées sur la demande de moyens supplémentaires. Sur les banderoles, pas d’appel à l’extension, même si parfois les grands principes d’égalité ou de solidarité sont rappelés.

Cependant il ya quand même des signes de nouveau dans ce rassemblement : déjà le rassemblement en lui-même, chose plutôt exceptionnelle pour Sartrouville. Pas d’appartenance politique ou syndicale clairement revendiquée ici. Ce qui semble unir les gens présents, ce sont des revendications précises, portées sur les banderoles accrochées au grille de la mairie (1)

Enfin, le rassemblement se conclut d’un manière qui semble en passe de devenir la nouvelle tradition : fumigènes et tir d’un feu d’artifice sur la mairies. Ceci porte des germes de dépassements intéressants.

De notre côté, nous avons distribué le texte suivant, pour diffuser l’idée de la nécessité de la grève générale :

A suivre ...

QUAND TOUT VA MAL : GREVE GENERALE !

"Ce sont donc les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant de servir, ils briseraient leurs liens. " La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire.

Vers la survie généralisée

Aujourd’hui, tout devient plus clair. Nous tous, qui avons déjà beaucoup perdu au cours des dernières décennies, ne pouvons plus nous y tromper. Les temps qui s’ouvrent seront, chaque jour un peu plus, ceux où la vie quotidienne sera réduite à la lutte pour la survie la plus brute, lorsque se loger, se nourrir, se soigner ne vont plus de soi. Plus de société sous le talon de fer des néo-conservateurs, seuls des individus atomisés, soumis à la Loi d’airain de l’Économie et condamnés à n’être plus que prédateurs ou proies, esclaves dans tous les cas.

Il serait vain de faire la liste des multiples attaques que nous avons déjà dû essuyer, elles sont bien présentes à nos esprits. Si nous persistons à nous battre contre chacune d’elles, les unes après les autres, comme un patient qui lutterait contre les symptômes de la maladie sans prendre le mal à la racine, nous serons vaincus. C’est dans ces combats, certes justifiés, mais trop parcellaires et souvent ingrats que nous avons laissés beaucoup de nos forces dans les années passées. Le poids de cette espèce de << routine de la lutte >>, avec au bout, dans le meilleur des cas, la seule perspective de ne pas trop reculer, en a découragé plus d’un. Ne pas trop reculer ! Alors qu’autour de nous les prodromes d’une catastrophe sociale mais aussi écologique sans précédent produisent leurs premiers effets ! Alors que ceux qui écrivent aujourd’hui l’histoire tout en s’acharnant à la clore pour nous, coincent nos existences dans un dispositif, proche ou international, toujours plus dangereux, toujours plus délirant !

Faire l’histoire plutôt que la subir

Ce n’est pas la simple addition de revendications limitées qui permettra cette union, mais la conscience que nous sommes à un moment clé. Si les pouvoirs parviennent à imposer leur diktat, qui s’est déjà révélé si destructeur aux États-Unis (de reagan à Bush) et en Angleterre (Thatcher) notamment, c’est toute notre capacité à nous battre dans les années à venir qui s’amenuisera. Nous avons tous en tête ces journées d’action sans lendemain qui ont ponctué les dernières années et le rôle néfaste qu’elles ont joué dans le développement d’un mouvement de grève générale. Nous ne pouvons aujourd’hui nous permettre de nous voir imposer ce faux rythme. Notre participation à un mouvement parcellaire ne peut s’envisager que dans la mesure où nous aurons tous en tête qu’il doit être le début d’un mouvement à la hauteur de l’enjeu.

Nous organiser sur des bases claires, autonomes et combatives : les assemblées populaires

Les vieilles méthodes de lutte, les intersyndicales, les conglomérats de partis politiques tout comme les alternances électorales ont démontré leur incapacité à changer quoique ce soit. Nous devons réinventer des méthodes de lutte globales, basées sur la démocratie directe et l’action directe. Il ne s’agit plus ni d’attendre les prochaines élections que l’on rase gratis, ni de négocier le taux de reculade alors que nous sommes déjà au bord du précipice. Il est temps de désigner clairement les responsables de la situation : l’Etat et le capitalisme ; et de s’organiser pour lutter et pour vaincre.

L’organisation, partout où c’est possible (lycées, fac, usine, bureau, place, cité) d’Assemblées populaires de résistance doit permettre à chacun de participer et d’apporter sa parole et sa contribution à la construction d’un authentique mouvement autonome populaire. Ces assemblées, largement ouvertes à la toute la population sans considération d’étiquette politique ou syndicale qui sont autant de signes de division, sont seules capables de réaliser l’unité large et massive nécessaire pour la lutte qui s’annonce. Car il s’agit avant tout de récréer des solidarités réelles entre nous, et non des alliances d’appareils, dont les gestionnaires bureaucrates succombent toujours aux débauchages du plus offrant ... La nomination de Strauss Khan à la tête du FMI ou l’affaire de l’UIMM sont révélatrices à cet égard.

Ces assemblées populaire seront le lieu préalable où, par le débat libre non parasité par les organisations politique et syndicale, pourra s’élaborer collectivement notre programme d’action, dans l’objectif de préparer la grève générale illimitée qui seule pourra entrainer une rupture avec le Capitalisme, et ouvrir ainsi des perspectives d’un autre futur.

Pour la grève générale illimitée, Par les assemblées populaires de résistance !

CNT AIT (Association internationale des travailleurs) 108 rue Damrémont 75018 PARIS contact@cnt-ait.info

============== (1) en même temps les gens semblent tous se connaître plus ou moins. Il n’y a donc pas vraiment besoin de signes de reconnaissance distinctifs.)

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