Quelques questions suite au rassemblement du 15 mars 2008 à Saint Quentin en Yvelines
dimanche 16 mars 2008
C’est peut-être le département qui veut ça… Nous sommes quand même dans les Yvelines, un des départements les plus riches de France. Ce qui n’empêche pas des mobilisations de s’y tenir, mais avec parfois des contradictions assez énormes.
Prenons le rassemblement qui s’est tenu le samedi 15 mars 2008 devant le théâtre de Saint Quentin en Yvelines. Un rassemblement, selon le texte reproduit plus bas, à l’appel d’« enseignants, parents d’élèves et lycéens des Yvelines », bien que le texte soit signé uniquement par des organisations de parents d’élèves et d’enseignants.
Eh bien devinez qui sont les premiers à prendre la parole ? Des élus, bien reconnaissables à leur écharpe tricolore. Des élus de gauche, si vous tenez à le savoir, mais ça ne rassure pas, de nos jours. Ainsi le président de la Communauté d’Agglomération de Saint Quentin en Yvelines, Robert Cadalbert, assure-t-il les manifestants du soutien des élus du Conseil Régional (où il est également vice-président). Pour continuer à financer des mesures de vidéo-surveillance, par exemple ?
Mais sommes-nous bêtes ! C’est qu’il y a des élections le lendemain. Et ce n’est pas juste histoire d’être mauvaise langue : un enseignant le dit lui-même. Après des précautions oratoires qu’il prend bien soin de ne pas suivre (« je sais qu’il ne faut pas tout mélanger »), il souligne pour l’assistance que ce serait bien que le mécontentement se traduise dans les urnes demain… Rien à voir sans doute avec le fait qu’un responsable de la FCPE soit candidat aux élections municipales sur une liste de gauche.
Mais ses collègues ne sont pas en reste. On a droit à une prise de parole qui nous rappelle que Nicolas Sarkozy, le Président de la République, a été élu démocratiquement et qu’on ne remet pas cela en cause. Ben pourquoi manifester alors ? Peut-être que certains avaient voté pour le candidat de l’UMP en pensant que d’autres (feignants de chômeurs ou jeunes des cités assistés peut-être ?) s’en prendraient plein la gueule. Ils n’ont pas dû lire le programme avec suffisamment d’attention !
Certains l’avaient fait au moins en partie, puisqu’une autre prise de parole rappelle que quand on place la valeur travail au centre, il faut en donner les moyens. Oui, mais la valeur travail, c’est bien pour faire bosser plus les ouvriers, pour remettre au boulot les chômeurs, mais faudrait pas que ça vienne contrarier les baisses du nombre de fonctionnaires. Et puis d’ailleurs, cette année, avec la DHG, il y a pleins d’heures sup proposées à ceux qui veulent travaillent plus !
Les organisateurs ont évalué à un millier le nombre de manifestants, avec de nombreux établissements représentés : Les 7 Mares à Elancourt, Emilie de Breteuil à Montigny, Jean Vilar à Plaisir, l’Agiot, la Queue lez Yvelines, … De nombreux lycéens et collégiens sont là, mais la plupart des intervenants adultes insistent sur le fait que ces lycéens demandent de l’aide, interpellent les adultes.
Des parallèles (à vrai dire, la métaphore mathématique ne tient pas trop la route car ces parallèles là auraient plutôt tendance à diverger) sont faits avec le mouvement étudiant de mai 1968, qui « fête » ( ?) ses 40 ans cette année. Certes, en mai 68, les parents ne venaient pas encadrer un blocage d’établissement organisé par les élèves. Et peut-être que comme en mai 1968, des luttes se développent sans forcément se rencontrer ou fusionner. Car un autre mouvement est en cours dans l’Education Nationale, qui n’était guère mentionné ni représenté au rassemblement du 15 mars : celui contre la disparition du BEP et la réforme du bac pro, avec là aussi fermeture de filières et d’options, suppressions de postes (logique, il y a moins de cours à assurer avec un bac pro en 3 ans qu’avec un BEP plus un bac pro chacun en 2 ans).
Rentrée scolaire 2008
AGISSONS MAINTENANTLes enseignants, parents d’élèves et lycéens des Yvelines se mobilisent depuis début février, suite aux annonces faites du nombre d’heures d’enseignement alloué [sic] aux collèges et lycées pour la prochaine rentrée.
Ces heures d’enseignement (la Dotation Horaire Globale) baissent beaucoup plus que les effectifs prévisionnels.
La situation est critique, jugez les conséquences par vous-même :
Suppressions de classes, ce qui entrainera des effectifs surchargés dans toutes les classes
Impossibilité de redoubler en classe de Terminale, faute de place
Regroupement au sein d’une même classe de séries différentes, disparition d’options ou leur fragilisation
remise en cause d’horaires officiels (seulement 2h sur 3 assurées dans une matière par ex)
Suppression de travaux de groupe, de dédoublements, d’heures d’aide et de soutien pour les élèves en difficulté, d’ateliers artistiques et culturels…
Aux actions menées (refus de vote ou vote contre la Dotation Horaire dans les conseils d’administration, occupations symboliques, journées « lycée mort »…), et lors des rencontres à l’Inspection Académique, la seule réponsequi nous est donnée à ce jour est :
« Rigueur budgétaire et réduction du nombre de fonctionnaires »
L’Education doit rester une priorité nationale.
Pour combattre l’échec scolaire et permettre la réussite de chaque jeune, Parents, enseignants et lycéens des collèges et lycées du Bassin de Saint Quentin en Yvelines, nous vous appelons à vous mobiliser pour obtenir les moyens d’enseignement à a hauteur de ces enjeux.
Samedi 15 Mars à 11h30
Rassemblement théâtre de St Quentin en Yvelinesfcpe, Unaape parents autonomes, FSU, Sud éducation 78