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Prof non remplacé ? Elève menacé d’expulsion ? Les lycéens font du blocage...

dimanche 27 janvier 2008


Prof non remplacé ? Lycée bloqué !

Les élèves en terminale bac pro comptabilité du lycée Auguste Blanqui de Saint Ouen (93) n’ont plus de prof de… comptabilité, justement, depuis le mois de novembre 2007, date à laquelle l’enseignant est parti à la retraite. Il y a bien eu un remplaçant…pendant une semaine. Après tout, la comptabilité, c’est seulement 14h de cours par semaine et un coefficient 6 au bac !
Les lycéens, et surtout les lycéennes, écrivent au rectorat, sans succès. Elles préviennent de leur intention de bloquer leur lycée. On ne les prend pas au sérieux.

Mais au matin du lundi 21 janvier 2008, barrières, poubelles, chaises, chariots de supermarché s’entassent devant les deux entrées du lycée. Celui qui a donné son nom à ce lycée, grand amateur de barricades en son temps (encore qu’il ait surtout fréquenté les prisons) aurait sans doute apprécié. Fortes du soutien des élèves des autres sections, les grévistes tiennent le blocage jusqu’en fin d’après-midi. « Nous bloquerons jusqu’à ce qu’il y ait un professeur et des papiers signés du rectorat », indique une lycéenne. Et comme elles n’ont toujours pas de réponse du rectorat, elles remettent ça le lendemain matin, dès 6h.
C’est ça, la France qui se lève tôt !

Et ça valait le coup, puisque le mardi 22, le rectorat annonce avoir nommé un professeur de comptabilité sur le poste. Le non renouvellement des postes d’agents de la fonction publique partant à la retraite, ça s’annonce mouvementé !

Des centaines de lycéens de Seine et Marne mobilisés contre l’expulsion d’un camarade

Le 9 janvier 2008, Walid, lycéen de 19 ans, est contrôlé dans son quartier, à Meaux (77). C’est rarement agréable de se faire contrôler. Pour Walid, c’est en plus le début de l’engrenage vers la reconduite à la frontière. Car évidemment, vu les critères imposés pour le regroupement familial, Walid a rejoint sa famille depuis la Tunisie, il y a deux ans, sans titre de séjour pour rester en France. Il se retrouve donc au centre de rétention du Mesnil Amelot (dans l’aéroport de Roissy) suite à ce contrôle policier.

Petit à petit, les proches de Walid s’organisent. Le réseau Education sans frontières lance une pétition, qui recueille rapidement 2000 signatures, et qui est remise au député UMP local. Mais les camarades de Walid sont bien décidés à « se bouger pour que Walid revienne », et ils décident de bloquer leur lycée (le lycée professionnel Georges-Cormier de Coulommiers) et celui d’à côté, Jules Ferry. Le 18 janvier, les lycéens se rassemblent dès 8h du matin. « Le mouvement n’a pas pris parmi les lycéens de Ferry, car ils ne connaissent pas Walid, explique au journal Le Parisien l’un des jeunes organisateurs de cette manifestation spontanée. Alors on a décidé de bloquer Cormier. Les professeurs ont assuré les cours pour les élèves qui ont pu rentrer avant la fermeture de portes. »
Le blocage s’organise sous l’œil des forces de l’ordre, qui ont reçu de la part de certains des projectiles, comme des œufs et des clémentines. Le blocus du lycée est levé à 11h30.

Même si pour l’instant les autorités tunisiennes n’ont pas délivré le laisser-passer nécessaire à l’expulsion, la mobilisation continue. En effet, le préfet de Seine et Marne indique que Walid n’a pas déposé de dossier de demande de régularisation, et qu’il serait défavorablement connu des services de police.
Pas de demande de titre de séjour ? Vu le durcissement de la législation sur le sujet, les possibilités d’être régularisé sont de plus en plus minces. Déposer un dossier, c’est non seulement le risque d’un refus de la Préfecture, mais aussi donner des informations qui peuvent être utilisées en cas de reconduite à la frontière (adresse, nationalité, lieu de travail ou de scolarisation…).
Défavorablement connu des services de police ? Ce n’est pas difficile, surtout avec le fichier informatique STIC, qui recense toutes les personnes qui passent par un service de police, même s’il n’y a pas la moindre suite, comme dans le cas de Walid.

Le mercredi 23 janvier, ce sont 500 lycéens, de plusieurs établissements - La Bretonnière, à Chailly-en-Brie, ainsi que les lycées Cormier (celui où Walid prépare un CAP) et Ferry, de Coulommiers – qui défilent pendant plus d’une heure à travers la ville de Coulommiers, avant de se rassembler devant la mairie, d’où Walid, toujours en rétention, est joint par ses camarades.

Passage le 26 janvier, au bout de 17 jours d’enfermement, devant le juge des détentions et des libertés qui va statuer sur une seconde période de maintien en rétention de 15 jours (au total, on peut rester 32 jours en rétention… et un projet au niveau européen envisage l’enfermement des étrangers en situation irrégulière pendant 18 mois).
Une trentaine de personnes sont présente au tribunal de Meaux pour soutenir Walid. Le juge prolonge sa rétention... mais de seulement 5 jours. S’il n’a pas été expulsé d’ici là, Walid retournera donc devant le juge le 31 janvier.

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