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Du démocratisme en milieu étudiant. Quelques réflexions autour du blocage des universités

mardi 4 décembre 2007, par le Comité contre le blocage des consciences

Il est fréquent t’entendre dire, à propos des blocages de facultés, que les « bloqueurs » :

1 Sont des individus anti-démocratiques.

2 Qu’ils ne sont qu’une minorité et qu’ils imposent leurs lois ; que ce sont des « kmers rouges » (suivez mon regard), des révolutionnaires anarchistes, des prophètes du grand soir, etc


Pourtant, on ne peut s’empêcher de se poser la question. Est-ce que les anti-bloqueurs sont, eux, démocratiques ? C’est à dire, représentent-ils la majorité des étudiants ? Le nombre d’étudiants par facultés est, en moyenne, de 20000 à 30000. Les AG regroupent les plus souvent entre 2000 à 5000 personnes. Et les résultats de votent sont souvent très serrés.

Les anti-bloqueurs ne sont donc pas plus démocratiques que les autres. Juste qu’ils n’arrivent pas à avaler la pilule. Et qu’ils s’autorisent, comme nos politichiens, à être les représentants d’une soit-disante volonté qui ne se limite finalement qu’à la leur. D’ailleurs, la volonté peut-elle être représentée comme dirait nos chers profs de philo ?

Nous n’allons pas refaire toute l’histoire de l’humanité, mais, les sociétés ont toujours été conduites par des minorités ( sociétés démocratiques aristocratiques chez les athéniens, monarchie et théocratie au sein de systèmes féodaux au moyen-âge ; démocratie représentative aujourd’hui qui ne sont, finalement, que des oligarchies cachées).
Est-ce qu’une personne élue à un instant T, grâce à la démagog’académie ; non révocable pendant des années ; ayant le pouvoir sur des millions d’individus et pouvant donc décider à leur place ; est-ce que cela est démocratique ? Est-ce que des députés qui sont élus avec de fort taux d’abstention sont-ils légitimement représentatifs d’une population ?
Les sociétés ne sont, finalement, que la juxtaposition de minorités agissantes.

Le problème n’est donc pas celui de la minorité, mais celui du pouvoir. La division des étudiants entre bloqueurs et anti-bloqueurs n’est donc qu’un faux problème produit par la fameuse « peur de l’avenir ». Renversons la vapeur. L’angoisse est mauvaise conseillère et, de plus, elle est la meilleure alliée du pouvoir paternaliste. La vie n’est que peur, sauf si l’ont décide de ne pas y souscrire.

Ne nous résignons pas et agissons ! Ici et maintenant. Ne nous laissons pas entraîner par le formatage des mots comme ceux qui sont employés pour qualifier les individus d’ être « otages » des grévistes, les grévistes = terroristes ?
Il n’en faut pas plus pour rendre un pouvoir oligarchique heureux. Ils n’ont même plus besoin de faire le boulot, nous le faisons à leur place.

Les récentes actions des bloqueurs se produisent justement pour ouvrir un champ de possibilités. Ils est donc important de ne pas se résigner car les luttes sont longues et vont être de plus en plus difficiles. Il est donc primordial de toujours s’adapter et de ne pas aussi tomber dans l’erreur de refaire un nouveau anti-CPE. Le CPE était quelque chose qui s’est construit petit à petit, en réaction avec l’environnement et le contexte. Faisons de même, c’est à dire, n’essayons pas de refaire un nouveau anti-CPE, car, à ce moment-là, nous ne serons plus à l’écoute de l’environnement et la lutte seras finie avant d’avoir commencée,,, Il évident que, pour nous, anarchistes, que la loi passe ou soit abrogée ne changent rien.
C’’est avant tout le système qu’il faut changer.
Et cela est possible par la fraternité, la solidarité entre les individus. Ce sont les meilleurs armes contre un capitalisme qui ne peux exister qu’avec la compétition entre individus et l’atomisation des personnes.

Libérons-nous de nos propres chaînes et nous nous libérerons du pouvoir...

CCBC (Comité contre le blocage des consciences)

1 On pourrait d’ailleurs s’interroger sur ce mot... Les bloqueurs ne seraient-ils pas, après tout, des « débloqueurs » de conscience ? Finalement, par leurs actions, ne permettent-ils pas à un débat d’avoir lieu ? Débat dont les politiques préfèrent se dispenser et préfèrent imposer leur lois aux individus.

2 Pour le vérifier, demandez autour de vous et vous verrez que les « bloqueurs » sont avant tout des individus qui ont décidé de prendre leur vie en main.

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3 Messages de forum

  • C’est intéressant d’être modéré a priori pour répondre à des anarchistes ;-)

    Le bloquage c’est la rengaine, le refrain ultra ringard mais inévitable, une sorte de requiem à l’impossible existence d’un mouvement étudiant réellement majoritaire.

    Comment peut-on constater que le débat "bloqueurs vs anti-bloqueurs" est une escroquerie évidente et perpétuellement retomber dedans ? Pour au final justifier la légitimité des minorités agissantes ?

    J’ai peur de ne pas saisir.

    Il s’agit de ne pas refaire le CPE. Tout à fait ! Mais sur la base du CPE prendre le temps de construire un rapport de force solide. C’est à dire que l’objectif du mouvement devant alors être la transformation sociale, il devient inconsidéré de bloquer et de vider les facs pour laisser des centaines d’étudiants rentrer chez eux suivre le mouvement depuis leur télé et l’UNI se renforcer partout en France. Si l’enjeu est le pouvoir alors pour se l’approprier peu importe le mode d’action tant que celui ci a pour objectif de rendre la lutte encore plus massive. Et non qu’il produise les effets inverse, invoqué par des minorités agissantes à tout bout de champ : ACTION ACTION ACTION. Qu’est ce qu’on y gagne sinon des CRS à Nanterre et la division d’un mouvement que Pécresse n’a aucun effort à balayer.

    Est-il impossible d’afmettre que bloquer une université n’a jamais en soi massifié un mouvement ? Les "récentes actions des bloqueurs" dans le contexte d’un mouvement qui s’essoufle à l’approche des vacances et alors qu’il y a un énorme travail à faire concernant des pseudo "premieres victoires", n’avaient rien de fraternelles ou de solidaire mais faisaient retomber le rapport de force au sein des étudiants mobilisés plutot que dans la confrontation au pouvoir.

    Ok pour ne pas refaire le CPE mais alors combattons ce qui fétichisent ce mouvement et croient qu’en claquant des doigts en coordination nationale toutes les facs seront bloquées. Nous en sommes arrivé à des niveaux d’absurdité inconnus jusqu’à s’entendre dire que des facs non bloqués étaient moins légitimes que les autres !

    Alors laissons de coté ce débat pour nous concentrer sur la reconstruction d’un mouvement porteur d’une ambition pour l’université qui change la société. Les modes d’action viendront en leur temps.

    Voir en ligne : A LIRE : Blocages mortifères, par Christophe Ramaux

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    • Des modes d’action et du pouvoir dans les luttes 13 décembre 2007 16:29, par une précaire en lutte des Yvelines

      Je ne suis pas étudiante, ni grande connaisseuses des mouvements en milieu étudiant, mais les questions soulevées dépassent le mouvement contre la LRU et le blocage des facs.

      La question de la majorité, de la "démocratie formelle" mérite d’être posée, quand on explique à des millions de personnes qu’elles ne doivent pas se mettre en lutte contre la politique d’un président qui a été élu "démocratiquement" et "à la majorité" des suffrages, même si cette politique les écrase, les précarise, les met à la merci d’une rafle, les soumet au bon vouloir d’un patron ou d’un élu local (lui aussi élu "démocratiquement" et "à la majorité" des suffrages...)

      Celle de l’intérêt et de l’efficacité concrète d’un mode d’action aussi. Et cette question-là n’attendra certainement pas « la reconstruction d’un mouvement porteur d’une ambition pour l’université qui change la société »
      Parce que la manière de mener concrètement une lutte est indissociable des objectifs, et des résultats également. Parce que la question de "qu’est-ce qu’on fait" et "comment on le fait", et la maitrise des premiers concernés sur leur lutte participent de la construction d’un rapport de forces.

      Parce que si « l’enjeu est le pouvoir alors pour se l’approprier peu importe le mode d’action tant que celui ci a pour objectif de rendre la lutte encore plus massive » : heureusement qu’il y a des élites... ou comment dit-on :avant-garde ? pour "s’approprier le pouvoir", décider des modes d’actions et amener les autres, trop bêtes sans doute pour réfléchir et s’investir par eux-mêmes, à participer à un mouvement par des modes d’action qui finalement relèvent plus du marketing que de la transformation sociale.

      Evidemment que l’enjeu du pouvoir soulevé par ce texte n’est pas celui de qui se l’approprie, mais comment justement on le dissout en reprenant, chacun et ensemble, le pouvoir sur sa vie.

      • PS : Pour répondre au "clin d’oeil"

      « C’est intéressant d’être modéré a priori pour répondre à des anarchistes  »

      - Un : si certains textes publiés ici émanent d’anarchistes, d’autres non. Le site, animé collectivement, cherche à metre à disposition des infos, à lancer des réfléxions sur les pratiques, les manières de s’organiser dans les luttes, pas à faire de la pub à telle ou telle étiquette... Celle d’anarchiste, comme d’autres, pouvant être appliquée à bien des choses et à leur contraire, tant qu’on ne précise pas ce qu’on y met.

      - Deux : ça ne me choque pas qu’un site soit modéré à priori pour les commentaires, même un site "anarchiste" : je ne pense pas qu’anarchisme signifie "on laisse tout faire". La modération permet d’éviter par exemple d’avoir des commentaires racistes, antisémites ou sexistes qui passent directement. Ou de faire un choix sur ce qui a sa place ou non sur un site consacré aux luttes sociales.

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  • Oui, s’imposer de véritables restrictions démocratique étoufferait des mouvements pourtant légitimes. Mais peut-on d’un simple revers de main ignorer la majorité des étudiants qui, si ils peuvent se sentir solidaire du mouvement, sont très largement opposés aux blocages ?

    Il serait surtout temps que les meneurs de tels mouvements osent imaginer d’autres moyens de mobilisation et d’action qui cessent de faire payer systématiquement la note aux étudiants, un publique pourtant déjà très fragile.

    Pour continuer la réflexion, je te renvois vers ce blog, qui cherche à développer le même genre d’idée que toi, mais peut être de manière neutre :

    Voir en ligne : De la démocratie en AG étudiante

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