lundi 26 novembre 2007
Le 13 septembre 2007, quatre associations italiennes de consommateurs appelaient à une journée de boycott des pâtes, pour protester contre l’augmentation du prix de nombreux produits de consommation courante : café, fruits, lait, téléphone, billets de train, facture d’électricité... La moitié de la population avait l’intention de participer à cette journée de mobilisation.
Une réunion entre les représentants des associations de consommateurs, de la grande distribution et du gouvernement italien n’a abouti qu’au maintien des prix actuels jusqu’à la fin de l’année, et sur les seuls produits alimentaires.
Le 31 janvier 2007, des dizaines de milliers de manifestants, dont beaucoup de paysans et de syndiqués, ont déflié à Mexico, suite à la plus forte hausse du prix de la tortilla, aliment de base des pauvres, depuis des décennies...
Une manifestation contre la politique du président Mexicain Felipe Calderon (entré en fonction le 1/12/2006), mais qui n’en soutien pas pour autant son rival, Andres Manuel Lopez Obrador. Les organisateurs de la manifestation, voulant éviter toute récupération politique, ont refusé qu’il s’associe à la manifestation, mais l’ancien maire de Mexico a tout de même pu prendre la parole en fin de manif.
La raison de cette hausse du maïs : l’industrie agro-alimentaire, qui profite de l’augmentation du prix international du maïs liée à l’industrie de l’éthanol aux Etats-Unis. Du coup, les Mexicains payés au salaire minimum doivent mettre le tiers de leurs revenus dans le’achat de tortilla, alors que les petits producteurs ne gagnent pas plus qu’avant.
Début mars 2007, alors que les prix des transports publics des villes de Zhushan, Daqingping et Yongzhou (sud de la province du Hunan, dans le centre de la Chine) a triplé en quelques mois, la compagnie de transports met en place une nouvelle taxe pour les bagages des étudiants qui rentrent de vacances après le Nouvel An chinois.
Lorsque l’un d’eux proteste, il est battu par le chauffeur. C’est la goutte d’eux qui fait déborder le vase pour la population.
Suite à la répression policière, la manifestation spontanée, qui rassemble jusqu’à 20 000 personnes, se transforme en émeute, des voitures de police et des bus sont incendiés, la loi martiale est instaurée.
Un correspondant clandestin d’un site d’information de Chinois d’outre-mer indique qu’un étudiant aurait été tué, des dizaines de personnes blessées, et que les forces de l’ordre ont procédé à des arrestations.
En janvier 2007, une centaine de femmes qui vendent du manioc, denrée essentielle dans l’alimentation au Gabon, sur le marché d’Akébé, dans le centre de Libreville, ont barré la route suite à une augmentation de 60% de la part des vendeurs grossistes.
Les grossistes ont expliqué cette augmentation par le montant des taxes illégales que leur font payer policiers ou douaniers sur le trajet.
La situation est explosive en Géorgie (ex-URSS), et ce n’est pas tant l’économie de marché que veulent les habitants, que des logements ou la baisse des prix...
En mai 2007, à Koutaïssi, des réfugiés géorgiens venus d’Abkhazie, chassés de leurs logements provisoires, manifestent. A Batoumi, ce sont des vendeurs du marché local.
Mi avril, à Tbilissi, la capitale, un rassemblement contre la hausse des prix a rassemblé des milliers de personnes, et des heurts avec les forces de l’ordre se sont produits.
Il faut dire que le prix des transports en commun venaient de doubler, tout comme le tarif de la compagnie des eaux. Les habitants de bâtiments classés pour leur valeur culturelle ou historique (ce qui est le cas de très nombreux immeubles) se voient imposer une taxe de 70 centimes d’euros par m². Les tarfis du gaz ont aussi augmenté, les boulangers annonçaient une hausse du prix du pain de 25%...
Lado Ninidze, 73 ans, déclare dans Les Nouvelles d’Arménie du 27 mai 2007 : « Mon épouse et moi, nous touchons 96 laris de retraite. Nous avons reçu hier notre facture de gaz, heureusement à l’ancien tarif - 45 laris. Il faut dire qu’on chauffe tout l’appartement au gaz. Plus 30 laris d’électricité, 4,80 pour l’eau, 2,40 pour les ordures ménagères, et une dizaine pour le téléphone. Il nous reste 4 laris à la fin du mois pour manger, nous habiller et nous soigner. J’ai du diabète, des problèmes cardiaques, ma femme fait de l’hypertension. Et encore, nous ne devrions pas nous plaindre, nos fils nous aident. Mais ce n’est pas facile pour eux non plus, ils ont leurs propres familles. Tout ça pour dire que je vais de nouveau aller manifester, police ou pas, ce n’est pas ça qui va m’impressionner... »
Le 27 juillet 2007, à l’appel de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), une manifestation est organisée à Dakar pour la baisse des prix, notamment dans l’alimentaire. Les manifestants ont défilé avec les revendications suivantes :
« Non au prix cher du riz, de l’huile, du ciment et du lait, non à la concurrence déloyale, à la fermeture des entreprises nationales, à la spéculation tous azimuts, aux délestages récurrents de l’électricité »
La République dominicaine, qui partage une île avec Haiti, est un pays habitué aux conflits sociaux durs. Le 9 juillet 2007, plusieurs organisations populaires appelaient à 24h de grève générale. Cet appel a été très suivi, notamment dans le nord du pays et dans la capitale, Santo Domingo, où les transports publics étaient presque paralysés, et les commerces largement fermés.
Les revendications étaient importantes : augmentation de salaires, dans le privé comme dans le public, l’arrêt des hausses de prix des produits de consommation courante, l’arrêt des coupures d’électricité, une distribution normale de l’eau potable, plus d’argent pour les secteurs de la santé et de l’éducation, un moratoire du remboursement de la dette externe et la révision de la législation sur les hydrocrabures et la sécurité sociale.
Lors de cette journée de grève générale, des milliers de policiers ont été déployés. On compte un mort (un homme de 33 ans qui a reçu 3 balles) et un blessé (celui-ci lors d’affrontements dans une manifestation de soutien à la grève)
Contre la hausse des prix des produits de première nécessité dans son pays, la population marocaine a manifesté fin septembre 2007 à l’appel de l’AMDH (l’Association marocaine des droits humains) et la Coordination nationale de lutte contre la vie chère et la détérioration des services publics. Bouarfa, Errachidia, Guercif, Rabat, Sefrou, Khénifra, Tata, Missour, les villes sont nombreuses à avoir participé au mouvement, fin septembre ou début octobre.
plus de détail dans notre article Mouvements sociaux contre la hausse des prix au Maroc