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Mouvements sociaux contre la hausse des prix au Maroc

samedi 13 octobre 2007


Contre la hausse des prix des produits de première nécessité dans son pays, la population marocaine a manifesté fin septembre 2007 à l’appel de l’AMDH (l’Association marocaine des droits humains) et la Coordination nationale de lutte contre la vie chère et la détérioration des services publics. Bouarfa, Errachidia, Guercif, Rabat, Sefrou, Khénifra, Tata, Missour, les villes sont nombreuses à avoir participé au mouvement, fin septembre ou début octobre. D’autant plus que dans certaines régions, des mobilisations existent depuis de nombreux mois, notamment concernant l’accès aux soins.

Le prix du pain a augmenté de 30% le 10 septembre dernier, suite à la hausse des cours du blé sur le marché mondial.

« La lutte ne nous coûtera pas plus cher que le silence »

En pleine période de ramadan, principale méthode employée par les manifestants, dont bien souvent une majorité de femmes : le sit-in devant les bâtiments publics. Il peut bien se dérouler (à Rabat, le 28 septembre dernier), comme il peut vite dégénérer, les forces de l’ordre venant à en découdre avec les manifestants. Ainsi, à Sefrou, le 23 septembre : citoyens et force de l’ordre blessés, matériels dégradés, bâtiments brûlés.

Khaled Fathi, représentant local de l’AMDH à Sefrou assure que « La première étincelle a jailli lorsque les forces de police ont provoqué les manifestants en les insultant et en les injuriant ».
Mohammed Allouache, maire de Sefrou, tient l’AMDH pour responsable des débordements, alléguant que le sit-in était illégal.
Plusieurs journaux nationaux marocains comptaient 300 blessés, dont 22 dans un état grave, et au moins 30 personnes ont été arrêtées, dont deux membres de la section locale de l’AMDH

Pour autant, les gouvernants n’ont que peu ou prou répondu aux attentes populaires. Se cachant derrière l’argument de la conjoncture économique internationale, l’Etat marocain n’a décidé qu’une simple suspension des taxes et des droits sur les produits alimentaires pendant le mois de Ramadan (soit une baisse dérisoire de 7% sur le prix de la pomme de terre, des oignons ou des tomates...).

Une rencontre des coordinations locales est prévue à la fin du mois de ramadan afin de décider des suites à donner au mouvement.

« Nos manifestations concernent non seulement la lutte contre la flambée des prix de ces denrées alimentaires de base, mais également le coût du transport, celui des soins de santé et des médicaments, sans oublier le coût de l’eau et de l’électricité dont le surenchérissement a été la première cause ayant poussé les Marocains à sortir dans la rue pour protester. » rappelle le responsable de la coordination nationale de lutte contre la vie chère et la détérioration des services publics, Mohamed Ghafri.

Il serait peut-être bon que les dirigeants se souviennent de mouvements passés.
En 1981, le gouvernement marocain avait augmenté de 30% du prix du pain. Cette hausse brutale avait engendré les émeutes les plus sanglantes de l’histoire de la ville de Casablanca. Plusieurs centaines de morts avaient été déplorées...

Compte rendu des différentes manifestations, témoignages sur le site lereporter.ma : Flambée des prix : Colère des Marocains contre la vie chère

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