jeudi 11 octobre 2007, par des précaires
Voir en ligne : (1) On a fait pleins de petits trucs avant (de dormir dans l’Assedic de Poissy)
« Il y avait déjà pas mal de trucs autour des ANPE et des Assedic, c’était déjà à l’époque pour gueuler contre les radiations, les versements d’allocations erronés. Les gens venaient nous parler, s’investissait plus. Il y a beaucoup de gens qui avaient plus de moyens pour militer, les allocations étaiet plus élevées.
Quand on (comité CGT chômeurs du 78) a eu l’idée d’occuper à Poissy, il y avat déjà deux trois
Assedic occupées. On a sorti un trac de revendication, on
allait pas là-bas pour se reposer. On a occupé d’abord, on a fait le tract après. On
s’est bien concerté tous ensemble. Le texte était un peu calqué sur des
revendications larges, nationales, mais avec nos idées, des trucs plus
locaux, parce qu’on voyait tellement de gens massacrés par les impôt,
les factures EDF.
AC ! était beaucoup plus rentre
dedans, mais on avait quand même personnalisé notre texte.
Il y a un coup, il y a un gars d’AC ! qui était venu de Paris, mais une persone de la CGT lui a dit : « ici c’est que la CGT », j’ai trouvé ça dommage, moi j’étai pour développer le maximum de trucs, pour faire aboutir les revendications. Moi j’avais pas arrêté de téléphoner à des radios, j’avas fais une émission sur Radio Libertaire à Paris, pour essayer de diffuser les revendications, développer les contacts. On s’est un peu enfermés dans le truc "CGT PC". Sinon, les contacts c’étaient des maires, des responsables d’associations (la CSF, des trucs comme ça)...
La CGT à Trappes, ils nous dirgeaient pas, on était assez grande gueule. ça a changé rapidement, un mois ou deux après les assedic, ça a commencé à changer, la CGT nous a lâché vers février-mars. Quand on faisait des actions, les syndicats CGT ne nous rejoignaient plus, on est restés tout seuls dans nos démarches de chômeurs.
Au bout de 24h, on s’est dit "on reste". C’est usant de rester même 24h au même endroit, on tournait. On allait à des rendez-vous avec les autorités, les préfectures. Tous les jours, on avait des RDV avec les autorités, à Versailles.
Il y avait des gens du quartier ou des chômeurs d’un peu plus loin qui avaient vu l’info à la télé et qui sont venus, soit pour discuter soit pour rester avec nous. Il y avait des maires qui venaient nous soutenir. Pour la bouffe, chacun en amenait un peu, la CGT aussi, et la mairie de Carrières sous Poissy nous en filait aussi.
Pendant ces 2 semaines, des copain allaient dans les manifs à Paris, moi-même j’ai fait un saut à Paris pour parler à RL, dire qu’à 50km de Paris on se battait.
Avec la direction des assedic, ça se passait super mal. C’est peut-être propre aux assedic de Poissy on est tombé sur un direteur plutôt réac. Dans l’heure qu a suivi l’occupation, il y avait un société de gardiennage, il a coupé court à la discussion, il a tout de suite porté plainte pour dégradation de la grille d’entrée. On avait défoncé la grille pour entrer, et quelqu’un est passé au tribunal, il avait été relaxé, sachant qu la grille était déjà abîmée. Vu qu’on avait le soutien du gros syndicat départemental, on avait les avocats. Les gardiens se sont mis pendant un jour ou deux dans l’entrée, après ils sont restés dans les bureaux, qui ne nous étaient pas accessibles. Pendant deux semaines, l’Assedic n’a pas fonctionné, et personne ne râlait à cause de ça. Les gens qui venaient nous voir étaient favorables.
On avait diffusé des tarcts dans les cités de poissy, les foyers de travailleurs, pour signaler qu’on faisait une occup à côté de chez eux. On avait été dans une cité avec un mégaphone. On avait un cahier de pétition, un cahier libre, les gens mettaient ce qu’ils voulaient. Beaucoup de gens de 30-40 ans, mais aussi des jeunes. C’était très bien perçu, même par les gens qu passaient par hasard Les seuls très hostiles, c’était la mairie de Poissy, avec laquelle on a eu très peu de contacts, ils envoyaient des CRS devant les lieux.
La nuit, il arrivait que les flics viennent voir si tout se passait bien.
La boite de gardiennage cherchait aussi l’incident, des provocs du style des portes vitrées avec des glaces sans tain, le hall est entouré de bureaux, qui communiquent entre eux, donc ils pouvaient tourner autour du hall où on était, la nuit ils emmerdaient les gens qui dormaient, ils se foutaien de la gueule des gens. »