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Criminalisation de l’aide aux sans-papiers : une assistante sociale placée en garde à vue pour "aide au séjour irrégulier"

mercredi 15 août 2007


Août 2005 : une journaliste visitée à domicile par la police après avoir interviewé des sans-papiers

En août 2005, une journaliste de Radio France, Bleutte Dupin, diffuse sur France Bleu Yonne un reportage sur une famille congolaise sans-papiers. Deux enfants de cette famille avaient disparu pour éviter une expulsion, après l’arrestation et l’assignation à résidence de la mère.

Le 24/08/2005, la police débarque chez la journaliste en son absence et demande à son mari où sont les enfants. Le mari de la journaliste répond qu’il n’en sait rien puis, les forces de police lui demandant de laisser libre accès à l’appartement, l’inquiété demande à son tour une pièce justificative. On lui répond alors que « l’uniforme suffit », et Monsieur Dupin oppose une fin de non recevoir aux policiers, puis contacte sa femme à la rédaction pour lui faire part de cette visite impromptue.

Interrogée par RFI, Bleuette Dupin explique : « Dix minutes après la première visite, sans lettre du procureur, la police revient en menaçant alors mon mari de forcer la porte et de l’arrêter ’pour aide au séjour irrégulier’. Mon mari téléphone au commissariat qui confirme l’intervention, et il me joint à la rédaction pour me tenir au courant de l’évolution de la situation, démuni et interrogatif. Je retourne immédiatement chez moi, accompagnée de mon rédacteur en chef, car j’ai très vite compris, d’après la question des policiers, qu’il pouvait y avoir là un lien avec mon reportage ».

Bien que n’ayant rien trouvé chez eux, la journaliste et son mari sont convoqués au commissariat et auditionnés. Les policiers interrogeaient toutes les personnes dont le numéro de téléphone étaient enregistrés sur le portable de la maman...

Août 2007 : une assistante sociale en garde à vue pour "aide au séjour irrégulier"

Une assistante sociale d’une association de Belfort a été placée en garde à vue mi-juillet pour avoir refusé, au nom du secret professionnel, de donner l’adresse d’une femme sans-papiers "mise à l’abri" par l’association suite à des violences conjugales.

Communiqué de presse


Fédération CNT Santé Social & FPT

33 rue des Vignoles

75020 Paris

Tel : 06 28 33 42 43

E-mail : fede.sante-social@cnt-f.org

Solidarité avec les délinquants du travail social !

La fédération CNT santé social & FPT tient à condamner la répression dont fait l’objet Catherine Bernard, assistante sociale de l’association «  solidarité femmes » de Belfort, pour avoir simplement exercé sa profession.

En effet, suite à l’aide qu’elle a apporté dans le cadre de ses fonctions à une femme migrante victime de violences conjugales, Catherine Bernard a été convoqué par la PAF puis placée en garde à vue le 17 juillet dernier sous l’accusation « d’aide au séjour irrégulier ».

Il s’agit ni plus ni moins d’une tentative d’intimidation visant à dissuader les travailleurs sociaux d’intervenir auprès d’une population que le gouvernement considère comme indésirable : les personnes sans papiers. Privés de droits sociaux, refusés par un nombre croissant de structures d’hébergement, soumis à une extrême précarité.l’objectif est maintenant d’asphyxier les plus fragiles d’entre elles en leur coupant toute possibilité d’accès à un travailleur social.

Après la loi sur la prévention de la délinquance destinée à transformer les travailleurs sociaux en délateurs, l’heure est désormais à la criminalisation de leur pratique professionnelle et de leur déontologie. Dans cette guerre déclarée ouvertement aux pauvres, il apparaît clairement que le gouvernement cherche à contraindre les professionnels du social à choisir leur camp : auxiliaire de police au service d’un Etat oppresseur, ou criminel au service des personnes oppressées !

La fédération CNT santé social & FPT exprime tout son soutien et toute sa solidarité à Catherine Bernard, réprimée pour n’avoir rien fait d’autre que son travail d’assistante sociale. Elle tient également à inciter tous les travailleurs sociaux à s’organiser collectivement pour résister à la criminalisation de leurs métiers mais aussi à celle des populations dont ils s’occupent quotidiennement.

Refusons l’instrumentalisation du travail social à des fins répressives et développons la solidarité !

Fait à Paris le 10août 2007

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