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Expulsion aux Mureaux

samedi 11 août 2007


Depuis le mois de mai 2007, une association appelée Survivre revendique l’occupation de logements sociaux vides aux Mureaux, l’un d’eux servant de local à l’association. Voir l’article Mal-logés : campement à Poissy, occupation de HLM aux Mureaux.

Les occupants de ces logements, appartenant aux sociétés HLM OPIEVOY et OSICA, ex-SCIC Habitat, sont passés au tribunal d’instance de Poissy dans le cadre de la procédure d’expulsion le 29 juin 2007.
Les avocats des bailleurs et le juge ont mis en oeuvre toutes les dispositions à leur portée pour que l’audience se tienne le plus rapidement possible, notamment en refusant d’accorder un report le temps d’avoir la réponse du bureau d’aide juridictionnelle. Soyons clairs : telles que sont les lois, des squateurs ne peuvent guère espérer autre chose qu’un jugement d’expulsion. Mais un report permet de gagner un peu de temps, et sans tout miser dessus, un juge peut accorder des délais, et une bonne défense peut aider. Et des délais, c’est du temps en plus pour lutter, rencontrer ses voisins, inscrire les enfants à l’école, créer un collectif.

Les occupants de ces appartements vides des Mureaux ont donc eu un jugement d’expulsion sans délai le 26 juillet. Le 2 août 2007, l’appartement servant de local collectif a été expulsé par les forces de l’ordre, à six heures du matin.
Il est rare qu’une expulsion ait lieu si rapidement après le jugement. Cela montre à quel point les bailleurs sociaux, la mairie des Mureaux et la Préfecture des Yvelines semblent pressés de se débarrasser du problème que leur pose l’occupation de logements vides. Et l’été est souvent pour les pouvoirs publics une période tranquille, qu’il s’agisse de faire passer des lois ou de mettre à la rue des mal-logés.
L’heure matinale de l’intervention policière montre aussi la crainte d’une réaction de solidarité de la part des autres habitants. Et il est vrai que la solidarité collective est sans doute la meilleure protection pour des squatteurs.

Le courrier de Mantes du 8 août 2007, qui relate l’expulsion de l’appartement de la tour Molière, relaie également les arguments classiques des sociétés HLM ou des mairies à l’encontre des squatteurs : on sous-entend que ce seraient des délinquants, puisqu’ils sont censés avoir forcé les serrures pour rentrer, et qu’ils occupent des appartements qui allaient être attribués à des demandeurs qui ont « suivi le processus classique d’attribution ».
Si les bailleurs dépensaient en entretien, rénovation ou baisse des loyers les centaines de milliers d’euros qu’ils mettent pour des dispositifs de sécurité, les habitants ne s’en plaindraient pas ! Et si justement les bailleurs sociaux mettent des fortunes dans des portes anti-squat, c’est d’une part que les appartements vides le restent un moment, et d’autre part parce qu’ils savent que leur politique (de démolition, de hausse des loyers, de critères d’attribution...) ne laissent à beaucoup de mal logés pas d’autres choix que de squatter !
Mais évidemment, mairies, bailleurs et préfectures cherchent à éviter avec ces arguments l’union des locataires, des squatteurs et des demandeurs de logement, qui pourtant semblent bien avoir les mêmes intérêts.

Comme d’autres, la ville des Mureaux cherche à envoyer ces pauvres qui n’ont pas baissé les bras ailleurs, à Paris par exemple, alors que Delanoe, maire de Paris, cherche lui à envoyer les mal-logés parisiens en banlieue, de préférence dans le 78 ou le 92... C’est vrai, quoi, si tout le monde décidait de l’endroit où il veut habiter, ça serait n’importe quoi !
Pour décourager un mouvement qui risquerait de prendre de l’ampleur, la mairie indique que les bailleurs refusent de loger des demandeurs qui ont squatté. L’histoire des luttes prouve que le contraire est possible. A suivre donc ...

Vous voulez en savoir plus sur les luttes du logement ? Consultez le dossier sur les luttes du logement en Ile de France, entre 1998 et 2005, et les autres articles de notre rubrique Logement, urbanisme

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