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Le mouvement des chômeurs de 1997/98 dans les Yvelines

(1) On a fait pleins de petits trucs avant (de dormir dans l’Assedic de Poissy)

jeudi 2 août 2007, par des précaires


Un précaire raconte les débuts du comité CGT chômeurs dans les Yvelines

Lors du mouvement des chômeurs de 1997-98, j’étais à la CGT chômeurs depuis pratiquement deux ans. La CGT chômeurs du 78 a commencé à cette époque là, vers 1995.
J’avais jamais fréquenté la CGT avant, c’est un peu par hasard, j’avais été viré d’une boite de gardiennage. j’avais fait des procès en prud’hommes avec des employeurs. J’ai pris contact avec la CGT à ce moment-là, après j’ai reçu l’info pour une réunion. J’ai entendu qu’ils commençaient à faire des actions sur Mantes.

On a fait des actions avec la SNCF pour essayer de décrocher des jobs. On descendait des fois avec eux à Paris, on allait rencontrer la direction SNCF de Mantes. Il y a eu quelques embauches.

Les actions de chômeurs étaient aussi orientées sur l’opposition aux expulsions de logement. Il y en avait tellement, on ne pouvait pas passer à côté. On essayait d négocier avec les autorités locales, les flics, la mairie, à chaque fois on nous disait, c’est comme ça. J’ai été sollicité par la CGT pour le collage en vue des prud’hommales  : "les chômeurs, si vous nous aidez, on vous aidera".

En juillet 1997, on occupait déjà les assedic, la machine était lancée doucement. Ce qu’on faisait pas mal aussi, c’était de prendre la tête au Trésor Public pour faire sauter la taxe d’habitation, à Poissy, aux Mureaux. On était assez organisé, on avait des tracts, des demandes. ça commençait à bien marcher, parce qu’ils ratissaient partour pour récupérer la taxe d’habitation. On arrivait à réunir 5-6 personnes, parce que l’union fait la force.

On se retrouvait avec des gens de tout horizon, on a rencontré des gens de la sécu, des artisans, des ouvriers...

J’ai fait les campagnes des prud’hommes de fin 1997. On avait des échos de petites choses qui se passaient en France, des occupations...
Je trouvais que le climat des assedic devenait de plus en plus chiant. Au départ on était 3-4, mais en 1997, on pouvait facilement mobiliser quarante personnes.

Des revendication et des luttes

Un mouvement social part bien souvent de quelques revendications précises, mais les dépasse généralement, dans ses actions et ses pratiques, dans l’espace de discussion qui s’ouvre, dans l’enthousiasme que la lutte génère.

Avant le début officiel du mouvement, en décembre 1997, des organisations sont déjà mobilisées autour des problèmes du chômage, même si ce sont souvent des approches différentes. Comme on peut le voir dans les documents ci-dessous, une des revendications de 1997 concernent les "fonds sociaux" des Assedic, qui sont en train d’être modifiés (décision en juillet 1997, application en octobre).

Ces fonds sociaux, qui permettaient d’aider financièrement des chômeurs pour toute sorte de problèmes (dettes de loyer, factures EDF,...) ne doivent plus financer que les actions de formation et de reclassement, d’où une multiplication des refus aux demandes des chômeurs.
Aujourd’hui, il ne viendrait à l’idée d’aucun précaire de demander une aide financière à l’Assedic. Les seuls à être aidés par l’assedic sont les entreprises d’intérim, les boites de reclassement privées et des structures de formation...

Les revendications, leur formulation, leur portée, ne sont pas sans importance dans une lutte, dans ses orientations et son évolution, mais elles n’en sont qu’un élément. On se met souvent à lutter pour des raisons bien plus larges que la satisfaction de revendications ponctuelles, ce qui fait qu’une lutte qui n’obtient pas satisfaction sur les revendications, ou partiellement, n’est pas forcément un échec. On a pu montrer la force de la solidarité collective, modifier le rapport de force avec ceux qu’on a en face, montrer que l’on n’accepte pas tout et n’importe quoi sans broncher...

un article du Parisien 78 du 1er juillet 1997

Tract national de la CGT sur la taxe d’habitation

Pétition pour la journée d’action des "privés d’emploi" du 2 juillet 1997

Tract suite aux actions "dégrèvement taxe d’habitation" de novembre 1997

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