vendredi 6 juillet 2007
Le square Maurice Thorez à Trappes appartient, comme beaucoup d’autres de la ville, à la SAREPA (groupe Expansiel, filiale de l’OPAC du Val de Marne). Il est concerné par le programme de rénovation urbaine. Pas le versant démolition, ça c’est aux squares Henri Wallon et Jean Macé (entre autres), mais le versant résidentialisation.
Les deux aspects sont complémentaires, et également négatifs pour les mal-logés et les précaires.
La résidentialisation a un aspect clairement sécuritaire, avec installation de digicodes aux entrées des immeubles et construction de murs et de grilles tout autour des squares. Il s’agit notamment d’empêcher le "squat" des halls d’immeubles par les jeunes.
Mais si ces jeunes et leur famille avaient des appartements assez grands pour y vivre à l’aise, si les jeunes adultes qui souhaitent quitter le domicile de leurs parents se voyaient attribuer un logement social, peut-être se réuniraient-ils aileurs que dans une cage d’immeuble...
Au square Henri Wallon, des engins de chantier ont été incendiés début juillet 2007, les murs construits un jour sont retrouvés détruits le lendemain. Certains expliquent que c’est en raison des trafics, que la résidentialisation dérangerait. Signalons que l’opposition à la résidentialisation dépasse de loin les jeunes, puisque les habitants du square Thorez ont fait une pétition pour la refuser.
Parce que la résidentialisation s’accompagne non seulement de dispositifs qui rendent plus difficiles la circulation, mais aussi d’augmentations de loyer et de charges, qui ne sont généralement pas compensées par les allocations logement de la CAF.
Loyers plus chers = risques accrus de difficultés de paiement et de dettes. Quand on sait que la politique de nombreux bailleurs sociaux, c’est de lancer la procédure d’expulsion dès 3 mois de retard (hors aides au logement), quand on sait que les critères d’attribution des aides du Fond de Solidarité Logement, géré par le Conseil général des Yvelines, font que bien peu peuvent y prétendre (avoir payé son loyer les 3 derniers mois), il n’est pas compliqué de prévoir que la résidentialisation risque à terme de conduire à l’expulsion des habitants les plus pauvres, les plus précaires...